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Aix-en-Provence est une ville universitaire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le Sud de la France. C’est là qu’est né le peintre Paul Cézanne, figure du postimpressionnisme. Une promenade relie différents endroits importants de la vie de Cézanne, dont la maison où il a grandi, le Jas de Bouffan, et son atelier. La Sainte-Victoire, montagne de calcaire surplombant la ville et son paysage alentour, fut le sujet de nombre de ses œuvres.. (Source Wikipédia)

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Ce que vous devez savoir sur Aix en Provence

L’histoire d’Aix en Provence commence en 124 avant notre ère. Gaius Sextius Calvinus, consul romain, décide de détruire l’oppidum d’Entremont, centre de rassemblement local des tribus gauloises salyennes. L’oppidum d’Entremont est d’ailleurs toujours visible de nos jours, et se situe au nord de l’actuelle ville d’Aix-en-Provence. Deux ans plus tard, en 122 av. J.-C., Gaius Sextius Calvinus fonda la ville d’ « Aquae Sextiae », au pied d’Entremont. Le consul romain a choisi ce site pour une raison pragmatique et stratégique : l’emplacement d’Aquae Sextiae se trouve sur la route entre l’Italie et la péninsule ibérique, et entre la mer Méditerranée et la frontière naturelle qu’est la Durance. C’est notamment ce qui motiva le consul Quintus Marcius Rex, quatre ans plus tard, en 118 av. J.-C., dans la fondation de la ville de Colonia Narbo Martius, aujourd’hui appelée Narbonne.

À l’origine, Aquae Sextiae disposait d’une architecture similaire à celle qui était alors présente à Entremont. L’ « urbanisme gaulois » est néanmoins peu à peu abandonné, au profit d’une pratique architecturale plus romanisante. Au Ier siècle av. J.-C., alors que l’installation romaine sur le site se révèle définitive, Aix en Provence se dote d’un plan urbanistique orthogonal, selon les caractéristiques du « plan hippodamien » : l’on trace un cardo et un decumanus, et un forum est érigé. Plus précisément, les archéologues ont mis au jour trois cardines, c’est-à-dire trois axes urbains nord-sud, trois rues. L’originalité de la ville d’Aquae Sextiae, au Ier siècle av. J.-C., réside dans sa construction gallo-romaine : si l’urbanisme est tout-à-fait caractéristique des villes romaines, les intérieurs des habitats sont très sommaires, révélateurs des populations gauloises salyennes.

Dans les sources, l’évocation de la fondation d’Aix, ou plutôt d’Aquae Sextiae, est tout de même présente, et ce malgré les lacunes relatives à la postérité des événements décrits. Tite-Live, « historien » romain du Ier siècle avant notre ère, et Strabon, géographe de la même époque, furent les premiers à évoquer dans les sources la fondation de la ville. À ce propos, Strabon la qualifie de « polis », au sens grec du terme, c’est-à-dire d’une « cité ». Tite-Live, quant à lui, dans son Épitomé, parle d’Aquae Sextiae comme d’une « colonie », installée en ce lieu en raison de la présence « de sources chaudes et froides », qui donnèrent notamment leur nom à la ville. En effet, en latin, « Aquae Sextiae » signifie « Eaux Sextiennes », du nom du consul fondateur. Plusieurs centaines d’années plus tard, au VIᵉ siècle de notre ère, le chroniqueur Cassiodore dit, à cet égard, que fut fondée « dans les Gaules une ville où sont les eaux sextiennes ». Dès l’origine, Aquae Sextiae doit revêtir un rôle de surveillance de la région. Les Salyens sont réputés pour être des guerriers intarissables. En ce sens, la cité nouvellement établie, laquelle voit par ailleurs s’installer rapidement en son sein une garnison romaine, doit protéger Marseille ainsi que la route qui mène à Rome. Aquae Sextiae servit également de base à la conquête de la Gaule Narbonnaise, qui eût lieu quatre années plus tard, et qui vit la fondation de Narbonne, alors appelée Colonia Narbo Martius, comme nous l’évoquions précédemment. Des fouilles archéologiques sont régulièrement menées à Aix-en-Provence, et il n’est pas rare de retrouver des traces des ancêtres « aixois » romains.

Néanmoins, l’évènement le plus marquant rattaché à Aix en Provence fut la bataille d’Aquae Sextiae, qui eût lieu en 102 avant notre ère, et qui mit aux prises les troupes romaines du consul Caius Marius à des hordes de Cimbres et de Teutons, venues d’Europe du Nord. La bataille ne se déroula toutefois pas dans la cité, mais à quelques encablures de là, à une dizaine de kilomètres environ à l’est, sur le piémont sud de la montagne Sainte-Victoire, qui revêtait déjà, dès lors, toute une dimension historique. Plutarque, auteur des Vies parallèles, fit un récit de la bataille, lorsqu’il rédigea sa Vie de Marius. Il s’agit ici d’un tournant pour la cité, qui se développe alors, à cette époque, de plus en plus. Elle se dote d’une enceinte, se fortifie. En 2004, des fouilles archéologiques ont, par ailleurs, révélé la présence d’un théâtre, ce qui permet d’affirmer que la ville connaissait alors un développement démographique certain. De même, il est désormais clairement établi que la ville d’Aquae Sextiae, tournée dès l’origine vers l’activité thermale et aquatique, en raison de la présence de nombreuses sources d’eau, disposait de thermes. Trois aqueducs, tous construits par les Romains, alimentaient la ville en eau. Les autorités romaines multiplient alors les voies de communication à l’intérieur de l’enceinte et les améliorent. Comme nous pouvons l’observer ci-contre, le cardo a été retrouvé par les archéologues, et passait au nord de l’actuelle ville, sous la Cathédrale Saint-Sauveur. C’est ainsi qu’Aquae Sextiae devint, à partir du principat d’Auguste, une ville romaine à part entière, totalement intégrée à l’Empire.

Néanmoins, au IIIᵉ siècle, Aquae Sextiae s’enlise petit-à-petit dans un déclin démographique, qui semble devenir de plus en plus inéluctable à mesure que le temps passe. Les habitations, les domus, sont peu à peu délaissées, abandonnées. En 1842, des fouilles archéologiques furent menées, et les chercheurs purent observer l’étendue des « dégâts » : maisons richement décorées, mais pour la plupart laissées à l’état d’abandon, réseau d’égouts devenu inopérant, destructions, etc. Néanmoins, il convient de nuancer ce tableau peu idyllique correspondant à un délaissement de la ville d’Aquae Sextiae. La cité reste, toutefois, à cette époque, la capitale de la Narbonnaise Seconde, et se trouve être de facto « supérieure » politiquement à Antipolis (Antibes) ou Forum Julii (Fréjus). Le tournant majeur s’opéra au détour des Vᵉ et VIᵉ siècles, dans un contexte général d’expansion du christianisme en Occident. Aquae Sextiae ne fut pas étrangère au phénomène : le forum romain fut détruit, et remplacé par un petit groupe épiscopal, composé notamment d’un baptistère qu’il est toujours possible de voir aujourd’hui (il se trouve dans la cathédrale Saint-Sauveur). La ville prend, peu à peu, dans les sources, la dénomination d’ « Aix », au moment même où elle est érigée en évêché. Dès lors, la cité aixoise devient un lieu politique incontournable, central dans la région.

La capitale provençale

Aix en Provence subit également les « invasions barbares ». En 477, elle fut envahie par les Wisigoths, puis par les Ostrogoths en 508. Au VIᵉ siècle, les Francs et les Lombards prirent la ville. Enfin, l’on peut attester de la présence des Sarrasins au VIIIᵉ siècle. Dès lors, le rôle politique de la cité décroît : après l’invasion des Francs en 536, elle fut destituée du statut de capitale de la Narbonnaise Seconde qui était le sien, au profit d’Arles. Il fallut attendre le VIIIᵉ siècle et les Carolingiens pour que la cité d’Aix retrouve sa splendeur d’antan. La ville entre, dès lors, dans une phase de redéveloppement démographique, et croît petit-à-petit. Trois bourgs distincts sont alors identifiables – la ville des Tours, la ville comtale, et Saint-Sauveur – et se dotent, chacun, d’enceintes fortifiées. Néanmoins, Aix dut attendre le XIIᵉ siècle pour retrouver totalement son lustre passé, et plus précisément l’année 1189, qui vit l’installation des comtes de Provence dans la ville. Aix prit alors sa revanche sur Arles, et se distingua d’Avignon. Il s’agit là du début de la « belle histoire » d’Aix, qui devient pour six siècles la capitale de la Provence, du comté et de la province.

Au XVᵉ siècle, René Ier d’Anjou donna une impulsion majeure à la ville d’Aix en Provence. Le « bon roi René », qui était aussi comte de Guise, duc de Bar, duc de Lorraine, duc d’Anjou, comte de Provence et de Forcalquier, roi de Naples, roi de Jérusalem, et roi d’Aragon – excusez du peu ! – était un fin gestionnaire, et fit prospérer toutes les cités où il séjourna, Angers et Aix en tête. Dans un contexte renaissant et italianisant, le Roi René entretenait une cour lettrée à Aix en Provence. Son père, Louis II d’Anjou, avait d’ailleurs créé en 1409 une université dans la ville (il s’agit de l’actuel Institut d’Études Politiques, situé en face de la cathédrale Saint-Sauveur), qui a fêté en grande pompe ses 600 ans en 2009. Le souverain est d’ailleurs considéré, encore de nos jours, comme le « protecteur » de la ville, comme le personnage le plus emblématique de son histoire. À ce propos, une des principales artères de la ville porte son nom – le « Boulevard du Roy René –, et sa statue est placée tout en haut du Cours Mirabeau, l’avenue emblématique de la ville. Par ailleurs, au XXIᵉ siècle, il n’est pas rare de parler de la « Cité du Roy René » à propos d’Aix-en-Provence. René Ier s’installa en 1476 à Aix, où il mourut. Homme de culture, il écrivit de nombreux ouvrages poétiques, s’inspirant du genre du roman courtois. Il était également, conformément à la tradition renaissante, un mécène : il était, à cet égard, le protecteur du peintre Nicolas Froment, qui réalisa par ailleurs le fameux triptyque du Buisson ardent, où il mit en scène le Roi René et la Reine Jeanne. D’une certaine manière, le Roi René est l’incarnation aixoise de la Renaissance, de cette transition qui s’effectue alors entre le Bas Moyen Âge et l’époque moderne.

En 1486, la Provence perdit son indépendance. Le comté de Provence et de Forcalquier devint alors une province rattachée au Royaume de France, placée sous la supervision d’un gouverneur. Quinze ans plus tard, en 1501, le roi Louis XII de France créa le Parlement de Provence, qui était installé dans la cité du Roy René (de nos jours, la salle du Parlement est toujours visible, et se trouve à l’Hôtel de Ville). Aix, malgré le changement de souveraineté qui s’est opéré à la fin du XVᵉ siècle, conservait donc, à cette époque, un rôle prééminent. Elle passe du statut de capitale du comté de Provence à celui de capitale de la province de Provence. Néanmoins, la sujétion à la monarchie française fut mal vécue et perçue par les élites locales. Les guerres de religion, au XVIᵉ siècle, n’arrangèrent en rien la situation. En effet, au moment où le roi Charles IX de France organise son « tour royal » et rallie la cité aixoise, la ville est en proie aux troubles, en révolte contre le gouverneur de Provence, jugé comme étant trop proche des huguenots. De même, Louis XIII visita Aix en Provence en 1622. La ville, profondément catholique, accueillit le souverain avec un enthousiasme non dissimulé. L’originalité de la ville d’Aix, entre le XVIᵉ et le XVIIᵉ siècle, réside dans l’ambiguïté qu’elle adopte et entretient à l’égard de la royauté : opposée au pouvoir royal, elle le célèbre néanmoins lorsque celui-ci combat les protestants. La Fronde (1648-1653) a, par ailleurs, été très prégnante dans la région. Une fois parvenu au pouvoir, le roi Louis XIV, sur le chemin de Marseille, qu’il punit pour sa participation aux événements frondeurs, s’arrêta à Aix, où il séjourna quelques temps à l’hôtel particulier de Châteaurenard, dans le centre ancien de la cité. À ce moment-là, Aix en Provence n’est plus considérée comme une ville séditieuse, comme « provençale ». Elle perd son identité au profit de la célébration du faste de cour de Louis XIV. Aix rallie, sous le règne du « Roi Soleil », la domination française. C’est d’ailleurs à ce moment-là, au XVIIᵉ siècle, que le dernier grand agrandissement urbain de la ville se produit, sous l’impulsion du cardinal Michel Mazarin, frère de Jules Mazarin. Avec l’autorisation de Louis XIV, Mazarin fit abattre le rempart sud de la cité d’Aix, et créa un nouveau quartier, qui portera d’ailleurs par la suite son nom, et qui existe toujours aujourd’hui. Les élites locales s’y installent petit-à-petit, et, ne voulant pas avoir à « subir » la vision des demeures plus humbles du centre ancien de la ville, demandent à l’architecte Jean Lombard de créer une longue promenade. Il s’agit ici de l’artère qui est devenue en 1876 le « Cours Mirabeau », la vitrine de la ville d’Aix en Provence, ainsi que sa nouvelle porte d’entrée – à laquelle fut adjointe la « Rotonde », fontaine majestueuse.

Aix en Provence connut également les troubles de la Révolution française. À la pointe de la contestation, la cité du Roy René se passionne très vite pour les luttes révolutionnaires et antirévolutionnaires. Finalement, en 1790, l’Assemblée départementale du département des Bouches-du-Rhône est créée, et remplace l’ancien Parlement de Provence, qui est dissout. En somme, malgré les troubles qui frappaient la France, Aix garda un rôle prééminent. D’une certaine manière, depuis l’Antiquité, la ville semble avoir été investie de la « protection » de l’Histoire. Néanmoins, malgré la furie révolutionnaire qui s’abat sur la ville, Aix entre progressivement dans un déclin politique. La cité, si florissante à l’époque moderne, est de plus en plus déconsidérée par les administrateurs. Et même si Jean-Marie-Étienne Portalis, varois ayant étudié à Aix et rédacteur du Code civil, a contribué à redorer le blason de la ville, il n’en est rien. Ce n’est que dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle que la cité aixoise sort de sa léthargie.

Ville d’eau depuis l’Antiquité, Aix en Provence devient, au XIXᵉ siècle, une « ville d’art ». Cézanne hante encore les ruelles de la cité du Roi René. La preuve en est que, de nos jours, nous pouvons suivre le parcours du peintre à travers la ville, des plaques en bronze étant fixées au sol, dans les rues, permettant aux visiteurs de parvenir jusqu’aux lieux qu’il fréquentait (voir ci-contre). C’est ainsi que, dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, Aix en Provence se révèle être le vivier d’artistes de talent et d’hommes illustres : Paul Cézanne, Émile Zola, Adolphe Thiers, Joseph d’Arbaud, François-Marius Granet ou encore Darius Milhaud constituent une mince frange du panthéon local. En même temps qu’elle connaît un regain d’intérêt intellectuel, la ville semble s’ouvrir sur le monde, et abandonne le conservatisme ambiant qui la caractérisait depuis la chute de la monarchie à la fin du XVIIIᵉ siècle. (La suite sur le site histoire-pour-tous.fr, section aix-en-provence)